L’intelligence artificielle (IA) s’impose progressivement dans les métiers de l’immobilier, mais son adoption reste encore inégale, parfois maladroite, souvent entourée de fantasmes. Entre promesses marketing, craintes de déshumanisation et réalité du terrain, de nombreux professionnels peinent à distinguer ce que l’IA peut réellement automatiser de ce qui doit impérativement rester humain. Marchands de biens, artisans, freelances et TPE immobilières sont pourtant en première ligne face à la pression sur les marges et à la multiplication des tâches chronophages.
C’est précisément cette approche pragmatique que défend Freddy Nazon, fondateur de NjAI et impliqué dans le développement de solutions comme WiimAi. Ancien ingénieur en bureau d’étude et marchand de biens, il accompagne aujourd’hui les professionnels de l’immobilier dans la mise en place d’automatisations concrètes, pensées pour faire gagner du temps sans jamais remplacer la relation humaine. Pour lui, l’IA doit rester un outil en coulisses, capable de structurer, analyser et préparer, tandis que la décision, la négociation et la confiance demeurent l’apanage du professionnel.
Dans cette interview exclusive pour Les Pros de l’Immo, Freddy Nazon partage une vision lucide et opérationnelle de l’IA appliquée à l’immobilier. Il revient sur les tâches réellement automatisables, les limites à ne pas franchir, les opportunités spécifiques pour les marchands de biens et les petites structures, ainsi que sur les évolutions concrètes qui transformeront le quotidien des professionnels dans les mois à venir.

Dans les métiers de l’immobilier, quelles sont aujourd’hui les tâches répétitives qui font perdre le plus de temps aux indépendants et petites structures, et que l’IA permet réellement d’automatiser sans complexité excessive ?
Je dirai les tâches qui se répètent et qui demandent surtout de la rigueur, pas du “génie”.
Typiquement : trier les demandes entrantes (mail, formulaires, WhatsApp), qualifier un prospect avec 5 à 10 questions, relancer automatiquement, proposer des créneaux de rendez-vous, puis envoyer le récap après l’appel.
Ensuite il y a la partie rédaction d’annonce, photos etc … beaucoup se servent déjà de l’IA
Côté suivi : mise à jour du CRM et gestion des clients en porte feuille, et client acquéreur souvent délaissé.
Enfin, tout ce qui est collecte d’infos publiques et synthèse (marché local, prix au m², infos quartier, documents PLU) peut être pré-mâché par l’IA.
Beaucoup de professionnels craignent que l’IA déshumanise la relation client. Selon toi, où se situe la limite entre une automatisation utile et une perte de valeur commerciale ou relationnelle ?
La limite, elle est simple : tout ce qui touche à l’émotion, à la confiance, à la négociation et aux décisions doit rester humain.
L’automatisation est utile quand elle accélère et sécurise le parcours : répondre vite, cadrer, informer, relancer proprement, éviter les oublis.
Mais dès qu’on parle d’un projet de vie, d’un blocage, d’un conflit, d’un doute ou d’un arbitrage financier, il faut une vraie présence. Le bon usage, c’est une IA en coulisses qui prépare, structure et rappelle, et un humain au moment où la relation se joue.
Si l’IA commence à “parler à la place” du pro sur des sujets sensibles, on perd en valeur et en crédibilité.
Le métier de marchand de biens reste encore peu structuré sur le plan digital. Penses-tu que l’IA peut devenir un véritable levier de rentabilité et de sécurisation des opérations, au-delà du simple gain de temps administratif ?
Pour les marchands clairement l’IA est une aide formidable, j’y suis en plein dedans des applications comme WiimAi vous permet d’analyser un secteur en 2 minutes, de poser des questions sur la pertinence d’une opération, de trouver l’historique du bien … un gain de temps énorme.
J’ai même créé un GPT spécial marchand pour tout ce qui est montage d’opération, TVA fiscalité souvent un point qui fait peur pour les MDB débutant.
Avec l’IA on peut aussi simuler ses opérations, calculer les coûts, poser des questions sur les lois et règles à respecter. analyser les PLU , creee des visuels, réaliser un beau dossier bancaire bref , a toutes les étapes l’IA aide les marchands.
L’IA est souvent présentée comme accessible à tous. Dans la réalité, observes-tu plutôt un effet de démocratisation pour les TPE de l’immobilier ou une nouvelle fracture entre ceux qui s’y forment et les autres ?
Je vois les deux.
Il y a une vraie démocratisation parce que des outils simples permettent déjà de gagner du temps sans être technicien : assistants de rédaction de mails, compte-rendus automatiques, création de visuels.
Mais il y a aussi une fracture qui se crée : ceux qui se forment un minimum et mettent en place des systèmes prennent de l’avance. Pas parce qu’ils ont “une meilleure IA”, mais parce qu’ils ont un meilleur process. Ils savent utiliser l’IA
L’écart va se creuser entre ceux qui bricolent au jour le jour et ceux qui standardisent leur acquisition, leur suivi et leur exécution.
La bonne nouvelle, c’est que la marche d’entrée est basse.
Par exemple à la rentré 2026 je vais proposer un accompagner sur mesure sur 30 jours à 1500 euros pour cibler le besoin, former et surtout accompagner.
1500 euros pour gagner 10-15 – 30 heures par mois, gagner un salarié les possibilités sont énormes mais le client a besoin d’être rassurer.
J’ai envie de vendre de l’IA humainement et j’adore le paradoxe.
2026 est une année charnière. Ceux qui ne feront rien seront largués et leur réaction tardive va leur coûter cher.
L’IA va vite, très vite que c’est maintenant qui faut l’intégrer.
Enfin, sans discours marketing ni effets d’annonce, quelles évolutions concrètes de l’IA vont, selon toi, transformer le quotidien des professionnels de l’immobilier dans les 12 à 24 prochains mois ?
Les IA vont se développer en qualité durant les prochaines mois.
Elles seront par exemple indétectable au niveau des IA vocale (hésitation, mots parasites , de gratter la gorge, …)
Aujourd’hui l’IA exécute, elle obéit , demain elle va anticiper, proposer , décrypter ses failles et apprendre. Plutôt que de réaliser des tâches elle va te donner des conseils de développement par exemple.
L’IA aura besoin de moins de précision, aujourd’hui il faut savoir prompter pour bien l’utiliser , demain tu envoi : un vocal sur ton ressentit de la visite, des photos , le DPE et hop elle va te sortir une annonce prête à mettre en ligne.
Elle sera plus précise dans ses analyses elle ira chercher des infos pour toi sur internet ( c’est deja le cas mais l’utilisation est lourde), demain l’IA prendra des initiatives.
C’est pour cela que avant d’avoir une Ferrari , il faut, d’une part avoir son permis et se faire la main sur des voitures moins puissantes pour comprendre le mécanisme de la Ferrari et de la conduite.
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