Le 15 août 2025, le gouvernement a publié au Journal officiel le décret relatif au diagnostic structurel des immeubles collectifs, prévu par la loi du 9 avril 2024 dite Habitat Dégradé. Ce texte, salué par Valérie Létard, ministre chargée du Logement, répond à une préoccupation majeure : éviter de nouveaux drames liés à l’effondrement de bâtiments fragilisés, comme ceux survenus à Marseille (rue d’Aubagne, 2018) ou à Lille (2022).

Valérie Létard, ministre chargée du Logement, se félicite de la publication au Journal officiel du décret relatif au diagnostic structurel des bâtiments d’habitation collectifs, mise en œuvre de la loi du 9 avril 2024 dite «Habitat Dégradé».
Ce dispositif répond notamment aux tragédies telles que l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne à Marseille en 2018 ou encore celui de Lille en 2022. Le diagnostic structurel se présente comme un nouvel outil permettant de détecter et signaler les risques d’effondrement. Désormais, les communes peuvent délimiter des secteurs où les immeubles collectifs doivent obligatoirement faire l’objet d’un tel diagnostic afin d’évaluer leur stabilité et prévenir des drames futurs?.
Le décret précise plusieurs dispositions clés:
- Le contenu du diagnostic : il couvre une analyse générale de l’immeuble et peut inclure des recommandations pour des travaux ou investigations complémentaires.
- Les compétences requises des professionnels habilités à réaliser le diagnostic?: ils doivent respecter des exigences en matière d’assurance et d’indépendance.
- Les modalités de notification et le calendrier : après avoir été informés, les propriétaires ou copropriétés disposent de 18 mois pour transmettre le diagnostic à la commune.
- La possibilité pour la commune d’ordonner la réalisation d’office du diagnostic, aux frais des propriétaires, en cas de carence de leur part.
Valérie Létard souligne dans ce communiqué?:
«Ce décret donne aux maires un outil opérationnel pour repérer les immeubles les plus fragiles et agir avant qu’un drame ne survienne. C’est une étape essentielle de la loi Habitat dégradé et une réponse attendue par de nombreux élus locaux confrontés à des situations d’urgence dans leur parc de logements»
Un outil juridique et technique au service de la prévention
Jusqu’à présent, la détection des immeubles menaçant ruine reposait largement sur des signalements citoyens, des procédures judiciaires ou des interventions ponctuelles de mairies. Avec ce décret, les collectivités disposent désormais d’un cadre légal clair leur permettant d’imposer la réalisation d’un diagnostic structurel dans les secteurs à risque.
Ce diagnostic vise à évaluer la stabilité et la sécurité des immeubles collectifs, en identifiant les faiblesses structurelles susceptibles de mener à un effondrement. Il s’agit d’un instrument préventif, destiné à agir en amont plutôt que dans l’urgence, lorsque les dégradations sont déjà trop avancées.
Le contenu et les modalités du diagnostic
Le décret détaille la nature de ce diagnostic. Celui-ci comprend :
- Une analyse de la structure du bâtiment : fondations, murs porteurs, planchers, charpentes, et tout élément essentiel à la stabilité de l’ouvrage.
- Des conclusions techniques précisant l’état général de l’immeuble et, le cas échéant, la nécessité de réaliser des investigations plus approfondies.
- Des préconisations de travaux visant à renforcer la sécurité ou éviter une aggravation des désordres constatés.
Le texte fixe également les conditions de compétence et d’indépendance des diagnostiqueurs : seuls des professionnels disposant d’une qualification reconnue, d’une assurance adaptée et d’une indépendance vis-à-vis des propriétaires pourront effectuer ces diagnostics.
Le rôle des communes et les délais impartis
Les maires, premiers concernés par la gestion des risques d’habitat dégradé, voient leurs pouvoirs renforcés. Ils peuvent désormais délimiter des zones où le diagnostic structurel devient obligatoire pour tous les immeubles collectifs.
Une fois notifiés, les propriétaires ou syndicats de copropriété disposent de 18 mois pour réaliser et transmettre ce diagnostic à la commune. En cas de carence, la mairie peut décider de le faire exécuter d’office, aux frais des propriétaires concernés.
Cette mesure offre ainsi aux élus locaux un levier concret pour lutter contre l’habitat indigne et protéger la sécurité des habitants, sans attendre que les désordres atteignent un point critique.
Les enjeux financiers et humains
L’impact de ce décret dépasse la seule sphère technique. Pour les copropriétaires et bailleurs, il s’agit d’une nouvelle obligation potentiellement coûteuse. Le diagnostic lui-même représente un investissement, auquel peuvent s’ajouter des travaux de mise en conformité si des faiblesses structurelles sont révélées.
Cependant, ces dépenses doivent être mises en perspective avec le coût humain et matériel des effondrements : pertes de vie, relogements en urgence, indemnisations et dévalorisation du patrimoine immobilier. Le gouvernement insiste sur la logique de prévention, estimant que la dépense initiale permettra d’éviter des tragédies et des dépenses bien plus lourdes à terme.
Une réponse aux élus locaux et aux habitants
Ce décret répond à une demande forte des maires, confrontés à des situations d’urgence et souvent démunis face à l’habitat dégradé. Comme le rappelle Valérie Létard :
« Ce décret donne aux maires un outil opérationnel pour repérer les immeubles les plus fragiles et agir avant qu’un drame ne survienne. »
Pour les habitants, notamment ceux des quartiers anciens ou des copropriétés fragiles, il s’agit d’une mesure de protection qui vise à restaurer la confiance et la sécurité dans leur logement.
Et après ?
Le décret sur le diagnostic structurel s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre l’habitat dégradé. D’autres dispositifs de la loi du 9 avril 2024 prévoient :
- le renforcement des sanctions contre les marchands de sommeil,
- la facilitation de la rénovation des copropriétés dégradées,
- un soutien accru aux communes dans leurs actions de contrôle.
En pratique, le succès de ce nouvel outil dépendra de la capacité des communes à l’appliquer et de la mobilisation des propriétaires. La question de la prise en charge financière, notamment dans les copropriétés en difficulté, reste l’un des points sensibles.
Conclusion
Avec la publication de ce décret, la France se dote d’un nouvel outil de prévention des risques d’effondrement. Le diagnostic structurel des immeubles collectifs constitue une avancée majeure pour protéger les habitants et responsabiliser les propriétaires.
S’il représente un coût et une contrainte supplémentaires, il s’impose comme une réponse pragmatique aux drames passés. Pour les élus locaux, les professionnels de l’immobilier et les habitants, il marque une étape importante vers une meilleure sécurisation du parc bâti.




