Léo Bouyssou (easyVirtual.tours) : la visite virtuelle n’est plus un gadget

Temps de lecture : 8 minutes 

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Longtemps perçue comme un “plus” marketing, la visite virtuelle s’impose aujourd’hui comme un outil métier structurant pour les professionnels de l’immobilier.
Préqualification des acquéreurs, gain de temps, amélioration de l’expérience client, accélération des ventes : son impact dépasse largement la simple mise en valeur des biens.

Mais à partir de quel moment devient-elle réellement stratégique pour un agent immobilier ?
Comment les professionnels les plus performants l’utilisent-ils concrètement ?
Et surtout, comment la visite virtuelle s’inscrit-elle dans un parcours immobilier de plus en plus digitalisé, mêlant data, IA et vente à distance ?

Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé Léo Bouyssou, co-fondateur et directeur général de easyVirtual.tours.
Il partage une vision très terrain de la visite virtuelle : non pas comme un outil qui remplace l’agent, mais comme un accélérateur de performance commerciale et de qualité de contacts, déjà mesurable chez les agences, mandataires et études notariales qui l’utilisent au quotidien.

Une interview concrète, chiffrée et tournée vers l’avenir du métier.

Selon vous, à partir de quel moment devient-elle un outil métier stratégique pour l’agent immobilier ?

À mon sens, la visite virtuelle devient un outil métier stratégique dès le démarrage, parce qu’elle professionnalise immédiatement la présentation du bien et améliore l’expérience de toutes les parties (vendeur, acheteur et agent). Mais on perçoit vraiment son impact “performance” à partir du moment où l’agent commence à gérer un volume significatif de leads et de transactions, elle sert alors de filtre et de levier d’efficacité. 

Concrètement, elle permet de préqualifier les acheteurs en amont, de réduire les visites physiques qui n’aboutissent pas, et de concentrer le temps de l’agent sur des prospects plus engagés. En parallèle, elle renforce la visibilité et l’attractivité des annonces (différenciation, engagement plus fort sur l’annonce), ce qui améliore la capacité de l’agent à capter des contacts et à valoriser ses mandats. Gain de temps, meilleure conversion des visites en offres et une image de service plus professionnelle auprès des vendeurs.

Quels sont les usages concrets que vous observez chez les agents qui performent le plus avec la visite virtuelle ?

Chez les agents qui performent le mieux, on observe plusieurs usages très concrets, utilisés selon l’objectif du mandat. Le premier, le plus répandu, consiste à publier la visite virtuelle directement dans l’annonce, en complément des photos, pour maximiser l’engagement et accélérer la décision de prise de contact.

Le second est un usage “contrôlé”, la visite virtuelle est protégée par mot de passe, ce qui incite les acheteurs intéressés à appeler l’agent avant d’y accéder et permet une première qualification. Le troisième va plus loin dans la génération de prospects, l’accès se fait via un formulaire (coordonnées obligatoires), ce qui permet de constituer une base de contacts « acheteurs » exploitable et d’organiser des relances structurées.

Enfin, certains agents exploitent aussi la visite virtuelle comme outil de projection : valorisation de potentiel via aménagement virtuel, scénarios de rénovation, ou retrait virtuel des meubles pour aider l’acheteur à se projeter plus vite et à lever les freins liés à l’état ou à l’encombrement du bien.


En résumé, ils utilisent la visite virtuelle soit pour accélérer (publication), soit pour qualifier (accès contrôlé), soit pour générer des leads (formulaire), soit pour mieux vendre le potentiel (projection).

Quel est le frein le plus fréquent… et comment y répondez-vous sur le terrain ?

Le frein le plus fréquent, c’est la peur de “perdre la main” sur la vente. Beaucoup d’agents se disent qu’une visite virtuelle risque de remplacer la visite physique, donc de réduire les occasions de rencontrer le prospect, de créer la relation de confiance, de qualifier ses besoins en direct et de traiter les objections au bon moment. Dans leur tête, le scénario est simple : le prospect visite seul, compare plus vite avec d’autres biens, ne rappelle pas, ou “sature” avant même d’avoir échangé, et au final l’agent perd des visites, donc des opportunités de transformer en offre.

Sur le terrain, la réponse la plus efficace consiste à recadrer la visite virtuelle comme une pré-visite et non une visite de décision. Elle ne remplace pas l’échange commercial, elle remplace surtout les visites “touristes” et évite les déplacements inutiles. Concrètement, on explique que la visite virtuelle filtre les curieux et augmente la part de prospects vraiment engagés qui prennent contact, ce qui améliore la qualité des rendez-vous et le taux de conversion. 

Ensuite, on reprend le contrôle en ajoutant un formulaire de génération de prospect ou un appel à l’action clair dans la visite (demande de visite, rappel, dépôt de dossier, formulaire…) et en utilisant la visite virtuelle comme outil de qualification. Quand le prospect appelle, on sait déjà ce qu’il a regardé et ce qui l’intéresse, ce qui rend l’échange plus pertinent et la visite physique plus efficace. Moins de visites, mais de bien meilleure qualité et des prospects qui arrivent au rendez-vous déjà “chauds” parce qu’ils se sont projetés.

Visites virtuelles, pré-qualification des acquéreurs, gain de temps : Avez-vous constaté un impact mesurable sur les délais de vente ou la qualité des contacts ?

Oui, on constate un impact mesurable, surtout sur la qualité des contacts et le gain de temps.

Avec notre client Stratum Immobilier, via l’agente immobilière Tamia Almeida, la visite virtuelle joue un vrai rôle de filtre puisque les prospects qui appellent, ont déjà compris le bien. On mesure un engagement fort dès la mise en ligne, avec 1 min 40 de visite en moyenne et 1 visiteur sur 4 qui revient une deuxième fois. Elle a également généré un lead via le formulaire de contact intégré à l’entrée de la visite virtuelle.

Sur les délais, l’exemple d’une de nos cliente, Marianne Boussion, agente indépendante chez IAD, est parlant. Avant la visite virtuelle, aucun appel pendant des mois. Après la mise en ligne, 4 appels en quelques jours et surtout 100 % des visites physiques réalisées par des personnes ayant déjà visité en ligne. Moins de visites inutiles, des acquéreurs mieux qualifiés et une vente qui s’enchaîne plus efficacement.

Et derrière, on voit une accélération du cycle de vente : captation le 25/09, première visite physique pour un acquéreur le 06/10, offre le 14/10, promesse le 04/11, vente définitive le 22/12. Le client final (80 ans) a même indiqué qu’il ne se serait pas déplacé sans la visite virtuelle, et sa fille a pu visiter à distance, ce qui a renforcé la confiance et sécurisé la décision.

Côté notaires, on a travaillé avec l’Office notarial 1661, via notre interlocuteur Maximilien de Bouard, négociateur au sein de l’étude. Ici, l’impact se mesure dans les chiffres, environ 9 visiteurs sur 10 ouvrent la visite (90 %), avec des taux d’ouverture très élevés sur l’ensemble des biens (souvent au-dessus de 88 %, jusqu’à 94 % selon les dossiers). Les acquéreurs consultent aussi la visite plus d’une fois en moyenne, ce qui montre qu’ils s’en servent réellement pour analyser le bien et avancer dans leur décision.

Donc, malgré des acteurs différents (agences, mandataires, notaires) et des objectifs parfois variés, la conclusion est la même : la visite virtuelle améliore la qualification des contacts, réduit les frictions et accélère concrètement le parcours de vente en concentrant l’effort commercial sur les bons acquéreurs.

Si vous vous projetez à 3–5 ans, comment voyez-vous évoluer la visite virtuelle dans l’écosystème immobilier : simple standard… ou brique centrale d’un parcours client plus digitalisé (IA, data, vente à distance) ?

Dans 3 à 5 ans, je suppose que la visite virtuelle passera clairement du statut de “plus” à celui de brique centrale du parcours immobilier. 

Elle deviendra d’abord un standard attendu par les acheteurs, au même titre que les photos, mais surtout une source de données structurées. Au lieu de chercher uniquement par surface et prix, on ira vers des recherches beaucoup plus fines grâce aux informations extraites de la visite (configuration, volumes, luminosité perçue, orientation, nombre d’ouvertures, potentiel d’aménagement, côtes, etc.). 

Côté métier, l’enjeu sera la performance commerciale, on analysera les comportements (pièces les plus consultées, temps passé, points de sortie, éléments qui déclenchent une demande) pour mieux qualifier, mieux répondre et mieux présenter le bien. Et avec l’IA, on ira plus loin dans l’automatisation intelligente du parcours via des réponses instantanées aux questions, recommandations de biens similaires, scoring du lead, et orientation vers la bonne étape (appel, visio guidée, visite physique, dépôt de dossier).

 Au final, la visite virtuelle deviendra un véritable “hub” de conversion au cœur de la vente plus digitalisée, parce qu’elle fluidifie le parcours, améliore la qualité des contacts entrants et redonne du contrôle à l’agent plutôt que de lui en enlever.

Lien : https://easyvirtual.tours/

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Fruit d’une collaboration inédite entre l’homme et la machine (Intelligence Artificielle ), cet article ou podcast a été conçu pour vous offrir une information précise et pertinente.

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